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Rappel de la brève
du
Sillage n°118,
janvier et février 2008

Ruade
Il est possible d’être un artiste, indéniablement, de murmurer à l’oreille des chevaux, de s’appeler Bartabas et de se comporter comme un vandale à la Direction régionale des affaires culturelles d’Île de France. La mystique de l’artiste maudit et incompris a ses limites. Notre sentiment en un mot: lamentable. Développement du point de vue sur notre site.

Extension du domaine de la brève

C’est un billet d’humeur. Un passage à tabac en règle de radiateurs à la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France a agité quelque temps le monde culturel, artistique et médiatique. Page entière dans le journal Le Monde. Il est vrai que les temps sont difficiles. Les baisses de subventions, la déconsidération, le déni, les attaques en règle, quelquefois fort peu inspirées, tout ceci commence à faire beaucoup.
Le cours des choses prend une drôle de tournure. Malraux écrivait des livres, notre président va à Disneyland. À droite comme à gauche, les clichés, les idées toutes faites gagnent du terrain, la vulgate économiste devient le sésame de la pensée dominante et les convictions chancellent. Bref, tout semble devenir plus difficile. Certes.
Dans ce contexte, la colère si peu contrôlée de Bartabas peut se vivre comme un véritable exutoire. Elle peut faire de celui-ci le justicier par procuration d’une situation de plus en plus mal vécue par des milliers d’artistes et de professionnels. Et au-delà. Ça fait du bien, entend-on dire.
Au risque de nous fâcher avec quelques amis, nous ne voyons aucune différence entre des chasseurs qui vandalisent le bureau d’un ministre (Voynet pour ne pas la nommer), des agriculteurs qui vandalisent une sous-préfecture et un artiste, indéniablement un artiste, ceci n’est pas discutable, qui saccage les bureaux d’une direction régionale des affaires culturelles.
Outre que le souci du collectif, même à froid, semble loin des motivations de Bartabas, ce rapport physique du fort au faible, la fascination pour une relation du prédateur et de sa proie, qui peut aussi s’exercer de manière beaucoup plus douce et cruelle par certains agents du ministère, fait froid dans le dos. Ce monde-là n’est tout simplement pas vivable.
C’est un espace de discussion démocratique qu’il s’agit de réinventer. Et d’exiger. C’est beaucoup plus difficile, long, incertain, engageant, mais il n’y a guère d’autre issue.
Critique des armes, armes de la critique, toujours la même histoire.

Le 17 janvier 2008
Francis Peduzzi
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