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Rappel de la brève Ruade |
Extension du domaine de la brève Cest un billet dhumeur. Un passage à tabac en règle de radiateurs à la Direction régionale des affaires culturelles dÎle-de-France a agité quelque temps le monde culturel, artistique et médiatique. Page entière dans le journal Le Monde. Il est vrai que les temps sont difficiles. Les baisses de subventions, la déconsidération, le déni, les attaques en règle, quelquefois fort peu inspirées, tout ceci commence à faire beaucoup. Le cours des choses prend une drôle de tournure. Malraux écrivait des livres, notre président va à Disneyland. À droite comme à gauche, les clichés, les idées toutes faites gagnent du terrain, la vulgate économiste devient le sésame de la pensée dominante et les convictions chancellent. Bref, tout semble devenir plus difficile. Certes. Dans ce contexte, la colère si peu contrôlée de Bartabas peut se vivre comme un véritable exutoire. Elle peut faire de celui-ci le justicier par procuration dune situation de plus en plus mal vécue par des milliers dartistes et de professionnels. Et au-delà. Ça fait du bien, entend-on dire. Au risque de nous fâcher avec quelques amis, nous ne voyons aucune différence entre des chasseurs qui vandalisent le bureau dun ministre (Voynet pour ne pas la nommer), des agriculteurs qui vandalisent une sous-préfecture et un artiste, indéniablement un artiste, ceci nest pas discutable, qui saccage les bureaux dune direction régionale des affaires culturelles. Outre que le souci du collectif, même à froid, semble loin des motivations de Bartabas, ce rapport physique du fort au faible, la fascination pour une relation du prédateur et de sa proie, qui peut aussi sexercer de manière beaucoup plus douce et cruelle par certains agents du ministère, fait froid dans le dos. Ce monde-là nest tout simplement pas vivable. Cest un espace de discussion démocratique quil sagit de réinventer. Et dexiger. Cest beaucoup plus difficile, long, incertain, engageant, mais il ny a guère dautre issue. Critique des armes, armes de la critique, toujours la même histoire. Le 17 janvier 2008 Francis Peduzzi |