Le Channel, scène nationale de Calais

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Cyclon, Angers - 1995. &laqno;Le goutte à goutte» 

 cAmera paradossAle
chAmbre paradoxAle
ZUR (Zone Utopiquement Reconstituée)

  • Du vendredi 5 mars au vendredi 30 avril 1999
    à la galerie de l'ancienne poste
  • Vernissage de l'exposition
    Vendredi 5 mars 99 à partir de 18h
    Visite à intervalles réguliers, départ toutes les 45 minutes, réservation au 03 21 46 77 00.

 

Visite de l'exposition
Camera Paradossale
du collectif ZUR

L'exposition cAmera paradossAle / chAmbre paradoxAle est une commande de la scène nationale. ZUR, qui signifie Zone Utopiquement Reconstituée, collectif d'artistes, n'était pas spécialement destiné à intervenir dans un lieu tel que la galerie de l'ancienne poste. Plus rompus aux interventions théâtrales dans les espaces publics, il s'agit donc pour eux comme pour nous d'une forme de défi. De ce que nous voyons apparaître, des premières esquisses, des premières descriptions, de ce que nous avons pu voir de leur travail antérieur, nous en avons déjà l'eau à la bouche. Nous avons comme l'impression que le pari qui était le nôtre en les sollicitant sera gagné. La galerie sera comme vous ne l'avez jamais vue. Et le voyage qu'ils proposent devrait laisser des traces dans notre mémoire.
 
Croquis d'installation pour la galerie de l'ancienne poste

Camera/chambre/caméra/chambre noire.

La camera da letto, la chambre à coucher, le sommeil et le rêve; la cinepresa, la caméra de cinéma et la vision; la camera oscura, la chambre noire qui s'éclaircit petit à petit: poésie... ça se comprend!

 

Qui est ZUR ?

Créé en 1984, le groupe ZUR (Zone Utopiquement Reconstituée) rassemble autour d'un travail unique, ouvert et singulier, des individus qui prennent plaisir à inventer en groupe.

Considérant l'acte de création comme une occasion d'aventure et d'expérience nous acceptons des invitations qui souvent nous portent hors de notre région et nous donnons à voir notre travail dans des lieux inattendus en plantant notre campement, imaginant in situ des dispositifs toujours renouvelés qui épousent, rejettent, interrogent, leur lieu de présentation.

Notre action est simple, elle est basée sur la contamination des genres et des langages artistiques. N'ayant pas de spécialisation, nous travaillons à la croisée des chemins qui feraient se rencontrer la peinture et le cinéma, la sculpture et le jeu, en élaborant aussi bien des installations que des décors, des scénographies ou des interventions de rue.
Nous cherchons ainsi à développer un art entre l'image et l'acte, l'écrit et la parole, le muet et le sonore, le plan et le volume, nécessitant parfois notre présence et une mise à contribution du spectateur.
Depuis janvier 1998, les deux formes, picturale et cinémato-graphique, se croisent et s'interrogent dans notre travail.
L'image en mouvement et son support de projection sont devenus deux composantes essentielles de nos interventions élaborant ainsi dans nos réalisations des images/sculptures qui sont aussi des films/tableaux où la relation entre la toile et l'écran, la peinture et le cinéma, ne cesse d'être explorée.
La recherche de nouveaux supports de projection nous a amenés en particulier à imaginer des écrans perméables constitués de matériaux inhabituels (écran d'eau, de sable...) qui progressivement nous ont conduits à axer nos expérimentations autour des quatre éléments: l'air, le feu, la terre et l'eau. Depuis 1991, celles-ci se concrétisent par la réalisation d'installations où l'élément élu est successivement le thème inspirateur puis le protagoniste.
Au cours d'un parcours déambulatoire, en empruntant des chemins détournés, le spectateur est baigné dans un climat que génère un dispositif bricolé, mêlant savants mécanismes et bouts de ficelle, avec lequel il entretient une relation d'intimité curieuse.
Du manque apparent d'un parcours guidé ainsi que des différents apports constituant l'installation, émerge, dans une forme plus sensible que lisible, un équilibre, l'essence de l'élément choisi. Plus qu'une thématique, les quatre éléments sont maintenant assimilés dans notre processus de création au même titre que la ferraille, le bois, les objets de récupération, la pellicule complétant un peu plus notre vocabulaire.

Ainsi plus largement, nos installations laissent chez le spectateur, plus que l'essence d'un élément, l'impression d'un échange privilégié, une sorte d'état suspendu, que nous venons de nommer l'il du cyclone.

 

Ce qu'ils nous disent sur l'exposition

Il pourrait y avoir un contresens dans le fait d'avoir accepté la proposition consistant à présenter notre travail dans la galerie de l'ancienne poste. Nous qui, dès le début, avons pris nos distances avec ces lieux de diffusion de l'art que sont les musées et les galeries. Pourquoi en effet s'enfermer dans deux pièces alors que nous avons investi parc, rivière, barrage, carrière, décharge publique... et que nous nous sommes toujours mieux sentis nomades et à l'air libre. Pourquoi d'autre part présenter pendant deux mois un travail sans notre présence "bienveillante" alors que nous cherchons depuis trois ans maintenant, à nous mettre en scène dans nos installations, fragiles et éphémères?

À première vue, que de contradictions dans cette volonté d'investir la galerie de l'ancienne poste s'il n'y avait notre envie de créer du dehors dans le dedans, d'écarter les murs, de souffler le vent sur vos joues, de faire tomber la pluie dans vos parapluies renversés, d'ouvrir de grands yeux remplis de larmes qui vous couleront dans les mains...

L'envie d'être bien là, même si ce n'est qu'en images projetées. L'envie d'habiter un 9m2 que nous aurons construit au milieu des 100m2 de la galerie, d'en sortir, sans toutefois la quitter, par tous les artifices pour y contempler le paysage infini de nos/vos rêveries. Et puis de retourner à loisir dans nos 9m2 pour voir en quoi le dehors du dedans le transforme et le rend plus vaste, et comment à son tour, ce dedans en se nourrissant du dehors devient la plage, un port, une voûte étoilée.

Voilà sans doute pourquoi nous allons construire la cAmera paradossAle qui balaiera d'un battement de paupières toutes nos contradictions