Le Channel, scène nationale de Calais
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Bords de guerre I et II
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Bord de guerre I. À Amiens, des boîtes trouvées par hasard, à l'intérieur des vêtements d'enfants heureux enveloppés dans Le Flambeau, journal du colonel de la Rocque. |
Bord de guerre II. Des cabanes pour les chèvres des réfugiés sahraouis. Elles sont l'attente misérable d'un peuple abandonné dans une paix précaire. |
C'est le cheminement dans la marge qui constitue mon travail. Ce passage d'une information à une oeuvre plastique dont les signes seront rassemblés dans une publication complémentaire à ces installations. Marie-Claude Quignon
Bord de guerre I Marie-Claude Quignon Le travail de Marie-Claude Quignon évolue dans le paradigme de l'oubli. Pas à pas, telle une fourmi dans un sentier qui lui est propre, elle prend les débris en marge de l'histoire, de notre histoire, pour les organiser autour d'un espace, les animer de sa propre lumière, leur donner une relecture capable de nous interroger sur la réalité de l'art face aux exigences de nos responsabilités. Des traces d'événements tragiques survenus dans des espaces et temps différents, que ce soit en Picardie ou dans le désert Saharien, refuge des Sahraouis, arrivent jusqu'à nous, pour nous rappeler que &laqno;aujourd'hui» était déjà là &laqno;hier», que la dignité individuelle passe par la dignité collective et que l'homme nourrit ses faiblesses à force de les cacher. La réflexion sur l'art est aussi une réflexion sur l'oubli ou la banalisation de la mémoire que tend à installer et rassurer la &laqno;bonne conscience». Marie-Claude Quignon nous le rappelle dans ses installations avec dévouement et trendresse. Augusto Rodriguès Da Costa
Bord de guerre II Ils ne sont plus, pas ou pas encore en guerre, les signes sont là... Un projet précédent (1 000 Bocaux) m'a permis de rencontrer en 1996, dans le désert sud saharien, les réfugiés Sahraouis. Sédentarisés de force, ces ex-nomades construisent, pour élever leurs misérables chèvres, des enclos avec les rebuts ou les débris abandonnés au bord des pistes. Ces enclos signifient l'attente dans une paix provisoire. Ils sont des signes de bords de guerre. Ces matériaux anarchiques parviennent cependant à s'organiser en architecture. Mon propos n'est pas de magnifier cette architecture de la misère mais plutôt d'en extirper &laqno;l'ombre» et son contenu. Marie-Claude Quignon &laqno;...Le noir comme rappel de cette guerre de toutes les guerres, guerre d'ici et d'avant, d'ailleurs et de maintenant , le noir ou cette unique violence maîtresse des émotions les plus fortes. Car ici le noir résiste aux assimilations symboliques. Le noir n'est plus la couleur de l'absence mais son contraire. Le noir n'est plus la nuit. Il appelle la lumière à son horizon qu'il impose dans le paysage où l'artiste impose son uvre. Comme une verrue. Comme un miracle. Dans tous les cas un abcès de fixation...» J.P. Gavard-Perret
Bords de guerre, la publication Les deux installations trouveront leur résonance dans une publication,
en début d'année 1999, construite à partir de deux
pratiques, de deux points de vue: plastique et littéraire. | |